Critique : Polisse de Maïwenn

Synopsis : Le quotidien des policiers de la BPM (Brigade de Protection des Mineurs) ce sont les gardes à vue de pédophiles, les arrestations de pickpockets mineurs mais aussi la pause déjeuner où l’on se raconte ses problèmes de couple ; ce sont les auditions de parents maltraitants, les dépositions des enfants, les dérives de la sexualité chez les adolescents, mais aussi la solidarité entre collègues et les fous rires incontrôlables dans les moments les plus impensables ; c’est savoir que le pire existe, et tenter de faire avec… Comment ces policiers parviennent-ils à trouver l’équilibre entre leurs vies privées et la réalité à laquelle ils sont confrontés, tous les jours ? Fred, l’écorché du groupe, aura du mal à supporter le regard de Melissa, mandatée par le ministère de l’intérieur pour réaliser un livre de photos sur cette brigade.

On prend les mêmes (Marina Foïs, Karin Viard, Joey Starr) et on change tout, semble s’être dit Maïwenn après Le Bal des actrices. En tant que (jeune) cinéaste, Maïwenn n’a pas envie de tourner en rond. On ne saurait lui donner tort, malgré le vent de fraîcheur de sa comédie musicale – documentaire sur les actrices. Elle s’est donc lancée dans l’inconnu en décidant de faire un film sur la brigade de protection des mineurs (BPM) de Paris. Un beau défi ! Qui a commencé par un stage d’observation générateur d’idées.

Prix du Jury à Cannes, Polisse est sur toutes les lèvres et encensé par la critique. Comment pourrait-il en être autrement ? Tant c’est un film sensible, à bonne distance, abouti. Car Maïwenn ne fait ni du « reportage TF1 », ni un film misérabiliste. Elle s’intéresse au liens qui naissent entre les membres de la brigade (on pense inévitablement à Police de Pialat), montre leur aptitude à tenir à distance la gravité des affaires qu’ils ont en charge avec beaucoup d’humour, parfois crû.

L’immersion offerte pas Polisse est assez exceptionnelle, obtenue grâce à une attention permanente au naturalisme des séquences.  Les membres de la BPM sont autant montrés hors de leurs fonctions qu’au travail, aux prises avec leurs soucis quotidiens et avec le caractère absorbant de leur métier. La description du métier aurait d’ailleurs fait mouche auprès des (véritables) fonctionnaires, ce qui atteste de la qualité documentaire du long-métrage.

Maïwenn a, à nouveau, eu la bonne idée de compiler plusieurs affaires (qui ont lieu au sein de la brigade et à l’extérieur, justifiant par là la durée du film, plus de deux heures), de nombreux témoignages permettant d’ouvrir des réflexions sur la pédophilie, la religion, l’évolution des moeurs… Polisse est une réussite au vu de tous les points énoncés plus haut. Et la performance d’acteur de Joey Starr notamment l’élève au rang de futur classique. Le rappeur d’NTM a puisé dans son passé une force qui donne à son rôle toute sa conviction, son expression et ses émotions.

Au vu de films tels que L’Apollonide de Bertrand Bonello ou de ce Polisse, on se dit que l’année 2011 ne cesse de nous mettre le cul par terre ! On en redemande.

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Une réflexion sur “Critique : Polisse de Maïwenn

  1. c’est vraiment une très bonne surprise, un film qui fait froid dans le dos par rapport au sujet abordé, on est pris dans le rythme infernal de cette brigade méconnu, le film est prenant on ressent bien la tension, le casting est en plus excellent (Joey Starr et Karin Viard plus particulierement), bref un film à voir
    Mon avis : http://www.youtube.com/watch?v=HC7XGk0ugY8

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