Critique : Super 8 de J.J. Abrams

Les premières scènes d’exposition de Super 8 ont le mérite d’être intrigantes. Des enfants tournent un film de zombie en Super 8. Ils s’amusent (autant qu’Abrams) avec les effets du maquillage, en répétant une scène, en confectionnant des costumes et des trucages grossiers. La mise en abîme originale annonce un trip de fête foraine. Pas maladroit au départ. Mais progressivement, J.J. Abrams déraille. Il nous sert pourtant un peu toujours la même ragougnasse, pour le meilleur et pour le pire… (à cause sans doute de cet éparpillement, à vouloir être sur plusieurs fronts en même temps : séries télévisées, cinéma). Un brouillon de théorie du complot (Lost ? Fringe) mise de côté brutalement au profit d’une histoire de monstre (Cloverfield, le même). On s’en fout, c’est l’été. Personne verra que Super 8 n’a ni queue ni tête.

Ce n’est pourtant pas faute d’avoir louché sur la copie du premier de la classe (Spielberg). Mais quand on n’a pas assez travaillé, cela se voit. En fait, cela s’entend surtout : pour cacher sa nullité, Super 8 fait tout péter. Et les clins d’oeil incessants aux films de science-fiction des années 80, tirant trop fort sur la fibre nostalgique, ne masquent pas longtemps un scénario qui semblent s’écrire sous nos yeux… (mais Abrams n’est pas Wim Wenders et encore moins Godard !)

Lors de la projection de Super 8, le spectateur peut avoir l’impression d’assister à une forme de suspense hitchcockien inversé : après une moitié de film tout juste intrigante, chaque séquence devient plus navrante que la précédente, jusqu’à flirter avec le navet au final. Si on comprend bien que l’ami J.J. prêche le retour à un cinéma pop-corn opérant, il échoue également sur ce plan car les dialogues desservent les effets et assez vite tout effet de surprise se dissipe. Les tenues des enfants, le kitsch implorant de l’ensemble et sa machinerie pataude finissent par lasser. A cause d’un script bâclé. N’est pas Bong Joon-Ho (The Host) qui veut.

J’attendais peu de ce Super 8. Etonnament, j’en suis quand même ressorti penaud. Dans Super 8, tout semble réuni pour faire fuir le public le moins exigeant. Autant daté que des images en Super-8, avare comme un mauvais blockbuster peut l’être et d’une inertie abyssale.

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