Critique : Une séparation d’Asghar Farhadi

Alors que sa femme a décidé de le quitter, Nader engage une aide-soignante (Razieh) pour s’occuper de son père, atteint de la maladie d’Alzheimer. Il ignore que la jeune femme qu’il vient d’embaucher est enceinte et qu’elle a accepté ce travail sans l’accord de son mari…

Avec Leila Hatami (Simin), Peyman Moadi (Nader), Shahab Hosseini (Hodjat) Sareh Bayat (Razieh), Sarina Farhadi (Termeh)

Une sortie au moins semble surnager de ce flux de sorties toujours aussi pléthorique  :  Une Séparation (Jodaeiye Nader az Simin) d’Asghar Farhadi. Portée par des personnages denses et filmé comme un thriller, cette tragédie familiale iranienne, à l’intrigue d’une finesse renversante, mérite assurément que l’on s’y attarde. Après A propos d’Elly (Ours d’argent à Berlin), Une Séparation a obtenu un Ours d’or; synonyme d’une montée en puissance pour un cinéaste désormais accompli. On retrouve ici les préocupations chères au cinéaste : le monsonge, le pardon… dans une nouvelle intrigue haletante mais sobre.

Le dernier film d’Asghar Farhadi est donc filmé comme un thriller nerveux (en caméra épaule et enchaînant les vignettes très courtes) raconté comme un fait divers et tourné en décors naturels, à Téhéran. Pour ne rien enlever au plaisir du spectateur, je n’en dirai pas trop sur l’intrigue, très simple : Dès que Nader va décider de renvoyer Razieh, ils vont entrer dans une procédure judiciaire kafkaïenne, aux rebondissements multiples et au dénouement imprévisible. La réussite du film doit beaucoup à ses personnages complexes et incarnés – utilisant parfaitement la liberté de jeu qui semble leur être confiée – traversant cette fiction armés de leurs doutes, dépassés par leurs actes, chacun agitant son lot de circonstances atténuantes… qui ne pèsent pas lourd face à un juge.

A l’image du dernier plan séquence énigmatique sur lequel se déroule le générique de fin (Simin et Nader séparés attendent de savoir avec lequel de ses parents va être éduquée leur fille Termeh), Une Séparation est un film ouvert qui pose de nombreuses questions, embrassant de nombreux genres (pamphlet contre la justice iranienne, tragédie familiale, parabole) et thèmes (la culpabilité, le pardon, la religion, la place des femmes…). Une oeuvre à dominante dramatique qui ne se refuse pourtant pas quelques élans humoristiques savoureux; un film très carré et dont les réflexions se poursuivent bien au-delà de la projection…

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