Critique : Scream 4 de Wes Craven

Ghostface 2.0

Retour à Woodsboro, décor en toc dans Scream 3 déjà. Sidney Prescott (Neve Campbell) revient pour promouvoir son livre. Mais Ghostface a bien l’intention de faire traîner l’histoire. La pauvre Sid ne sera donc jamais en paix. On va encore noircir du pixel, on va encore parler de Scream. On peut le faire en se disant aussi que certains spectateurs hésitants pourront encore se laisser tenter par un autre programme…

Qui se cache(nt) donc derrière le masque de Ghostface en 2011 ? Neve Campbell, David Arquette (acteurs charismatiques propulsés par… Scream) et Courtney Cox (à l’aise comme une chatte dans l’eau décidément dans la franchise, à l’opposé de Friends ou de Cougar Town) ne vont-ils pas passer pour des ringards auprès de la nouvelle génération teen ? Comment cette dernière percevra-t-elle le fait que Wes Craven s’autoproclame star du film d’horreur ? Surtout l’autocitation en rafale de WC ne va-t-elle pas nous gaver une bonne fois pour toutes ?

Curieux de voir ce que Craven avait de novateur à nous montrer, 15 ans après Scream, en quête d’effets primaires, je suis donc allé voir Scream 4. On y croise un Ghostface 2.0 qui filme ses meurtres pour les partager sur Youtube. Inventif. D’adorables ahuries (Emma Roberts, Hayden Panettiere, Marielle Jaffe) à peine attachantes qu’elles se font déjà trucider. Inédit. On y retrouve donc la fine équipe de la trilogie initiale (Neve Campbell, David Arquette et Courtney Cox), au bout du rouleau.

Retrouvailles aussi avec le Wes Craven passéiste qui s’autocite, en panne sèche d’inspiration, guidé par l’attristant Kevin Williamson qui nous avait navré dans Scream 2, avant de nous laisser souffler le temps d’un Scream 3, pas si mauvais au bout du compte…

Plus que sa première trilogie à succès, WC n’en revient toujours pas d’avoir filmé l’ouverture de Scream. Du coup, il nous la resservait déjà dans Scream 2 et remet ça dans Scream 4. Indigeste.  Dans la même veine, la chute du type : je tue pour devenir une star…

Par dessus tout, Scream 4 est un film autiste, autosatisfait, égotique… Sans l’ombre d’une ouverture. Soit une radicalisation de Scream 2. C’est Scream 2.0 ou Scream 2 bis. Et Wes Craven inquiète. D’autant plus que l’autocritique échappe à son introversion. A force de s’agenouiller devant son travail, d’autres vont s’assoir dessus. Voilà qui enlève beaucoup à l’aspect ludique qu’il continue malgré tout de développer. A l’image de sa triple introduction (des extraits de Stab imbriqués), l’effet de surprise fonctionne à condition d’éviter la répétition. Autrement dit : l’entrée dans le film est vertigineuse, mais les procédés de mise en abîme répétés jusqu’à l’usure, moins.

11 ans pour nous pondre ça (Ju, la carte illimitée est ton alliée, n’oublies pas), Scream 5 et 6 dans les tuyaux (quand on se moque de tourner en rond, il est possible de décliner un « concept » à l’infini), Wes Craven qui ne tranche toujours pas entre parodie et pédanterie mainstream, Scream 4 est parfaitement dispensable. Finalement, ce qui m’amène à réagir vivement au dernier Scream sur Oreille Interne est cette interrogation capitale : comment un film aussi peu communicatif peut-il rassembler autant ?

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